Dihl et Guérhard, valeur des porcelaines de la manufacture de la rue du Temple

Dihl et Guérhard, valeur des oeuvres de la manufacture du Temple

À retenir

  • Les porcelaines Dihl et Guérhard atteignent des estimations variant de 30€ pour une assiette basique à 110 000€ pour un tableau peint sur porcelaine.
  • La manufacture parisienne, fondée en 1781, connut son apogée entre 1795 et 1806, obtenant une médaille d'or et surpassant Sèvres en volume de ventes à l'export.
  • Le déclin débuta dès 1807 due aux guerres napoléoniennes et au blocus continental, réduisant les effectifs de 50 ouvriers à 16 en trois ans, jusqu'à la fermeture en 1822.

Les décors de la manufacture sont très variés et reprennent des modes de l’époque tel que le décor dit « au barbeau », des décors à l’antique, ainsi que des décors dit « à la Salambier » ou encore des décors figurant d’important bouquets de fleurs épanouies.  

Si vous êtes en possession d'une porcelaine signé de la Manufacture Dihl et Guérard ou de toute autre pièce en porcelaine de Paris, n'hésitez pas à solliciter une évaluation gratuite en remplissant notre formulaire en ligne. 

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Ordre de valeur pour une porcelaine allant de la plus basique à la prestigieuse  

Type d'objet

Estimation

Tasse et sous-tasse

De 40 à 10 066€

Assiette

De 30 à 500€

Partie de service à café

De 200 à 2 000€

Partie de service de table

De 300 à 6 000€

Centre de table en biscuit

De 400 à 5 000€

Tableau peint sur porcelaine

De 10 000 à 110 000€

Vase en porcelaine

De 500 à 800 €

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Dihl et Guérhard - Tasse en porcelaine provenant du service l'impératrice Joséphine

Dihl et Guérard, l’ascension fulgurante d’une étoile filante 

La manufacture de porcelaine de Dihl et Guérhard, située à Paris, est célèbre pour son histoire et sa production, ayant traversé l'Ancien Régime, la Révolution, le Consulat, l'Empire et fermé sous la Restauration.  

Faisant partie des manufactures privilégiées, elle bénéficiait de la protection du jeune duc d'Angoulême, neveu du roi Louis XVI. Il s’agissait d’un acte purement politique essentiel à la survie de la manufacture face à la réglementation favorisant la manufacture royale de Sèvres. 

La société, fondée en 1781, fut le fruit de la collaboration entre Christophe Dihl, modeleur et technicien talentueux, et les époux Guérhard, qui apportèrent les fonds nécessaires et gérèrent les aspects financiers et commerciaux. Dihl, en plus de son savoir-faire en fabrication de porcelaine, était un chercheur et un inventeur, tandis qu'Antoine Guérhard était probablement expert en extraction de cobalt et sa femme, Madame Guérhard, gérait la vente et la tenue des livres avec probité et intelligence. 

La manufacture connut un grand succès dès ses débuts, employant en 1785 douze sculpteurs et trente peintres, et se disent rapidement débordée de commandes.  

Face au succès, les locaux de la rue de Bondy devinrent trop petits, et une somme de 432 000 livres fut allouée à l'acquisition d'un espace plus grand, l'hôtel Bergeret, situé près de la rue de Bondy. Ce nouvel établissement accueillit des visiteurs prestigieux, tels que Gouverneur Morris, représentant des États-Unis d'Amérique à Paris, qui acheta des porcelaines pour Washington. Malgré la Révolution, la manufacture continua de fonctionner, et en 1793, Dihl embaucha une cinquantaine d'ouvriers supplémentaires. 

Dihl et Guérhard - Tasse en porcelaine provenant du service l'impératrice Joséphine

La manufacture de la rue du Temple et son succès 

En l'an V, la manufacture de la rue du Temple est estimée supérieure à celle de Sèvres, notamment en termes de ventes, car elle exportait beaucoup. L'année suivante, en l'an VI, la courbe grimpante se poursuit avec l'obtention d'une récompense prestigieuse lors de l'exposition des produits de l'industrie. Dihl avait présenté des tableaux sur porcelaine, témoignant d'une grande habileté technique, et fit sensation en présentant à l'Académie des Sciences son rapport sur des couleurs inaltérables à la cuisson. Le 25 décembre 1797, Mme Guérhard marie sa fille unique avec une dot considérable, et le 27 décembre, Mme Guérhard épouse Mr Dihl en présence des meilleurs peintres de leur manufacture. 

Grâce au choix judicieux des meilleurs spécialistes pour les différents postes, la manufacture continue son ascension jusqu'à la grande exposition de l'Empire en 1806 et le Salon de la même année. Dihl obtient une médaille d'or et son établissement est considéré comme l'un des plus florissants d'Europe. De nombreux peintres talentueux travaillent pour lui, dont Le Guay et Sauvage. Cependant, le déclin commence derrière cette façade brillante, principalement en raison de la crise économique consécutive aux guerres napoléoniennes et au blocus continental mis en place par les adversaires. Dihl vendait beaucoup à l'étranger, notamment en Angleterre, en Russie et en Espagne. Dès 1807, il demande un prêt à l'État et ne fait plus travailler que 40 ouvriers. Trois ans plus tard, en 1810, il n'en avait plus que 16. 

Malgré les difficultés, la manufacture est la seule manufacture de porcelaine citée dans un rapport du préfet de Paris parmi les quarante-sept manufactures les plus importantes de Paris, occupant le sixième rang. Cependant, les premières ventes immobilières interviennent en 1818, et l'hôtel lui-même est vendu en 1823. La fabrication avait cessé dans l'hôtel en 1822, mais Dihl conservait encore des bâtiments avec les fours et certains ateliers. Face à ce désastre dû en partie aux nouvelles conditions économiques auxquelles ils n'avaient pas su s'adapter, les vieux époux se firent des reproches amers et s'accusèrent mutuellement de leur ruine. Une dissolution de société fut ordonnée par le Tribunal en 1828, nommant Dihl liquidateur, mais il ne fit pas grand-chose. Cette responsabilité lui fut retirée judiciairement en décembre 1829, et il mourut deux mois plus tard en février 1830, à l'âge de 77 ans. Mme Dihl, malade et octogénaire, succomba à son tour en 1831.

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Questions fréquentes

  • Qui était Dihl et Guérhard et quelle est l'histoire de leur manufacture ?
    La manufacture de porcelaine Dihl et Guérhard, fondée en 1781 à Paris, résultait de la collaboration entre Christophe Dihl (modeleur et technicien talentueux) et les époux Guérhard (financiers et gestionnaires). Très prospère sous l'Ancien Régime et l'Empire, elle était l'une des plus importantes d'Europe au début du XIXe siècle, mais a décliné progressivement à cause des guerres napoléoniennes et du blocus continental. La manufacture a fermé définitivement sous la Restauration, en 1830.
  • Quels types de porcelaines Dihl et Guérhard produisaient-ils et quels étaient leurs décors caractéristiques ?
    La manufacture produisait une large gamme d'objets : tasses, assiettes, services à café et de table, centres de table en biscuit, vases et tableaux peints sur porcelaine. Les décors étaient très variés et reprenaient les modes de l'époque : le décor « au barbeau », des décors à l'antique, des décors « à la Salambier » et d'importants bouquets de fleurs épanouies. La manufacture était particulièrement renommée pour ses tableaux sur porcelaine, témoignant d'une grande maîtrise technique.
  • Quelles sont les fourchettes de valeur pour les porcelaines Dihl et Guérhard ?
    Les estimations varient considérablement selon le type d'objet : une tasse et soucoupe coûte entre 40 et 10 066 €, une assiette entre 30 et 500 €, un service à café entre 200 et 2 000 €, un service de table entre 300 et 6 000 €, un centre de table en biscuit entre 400 et 5 000 €, un vase entre 500 et 800 €. Les tableaux peints sur porcelaine sont les pièces les plus prestigieuses, avec des estimations allant de 10 000 à 110 000 €.
  • Comment faire authentifier et estimer une porcelaine Dihl et Guérhard ?
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  • Est-ce le bon moment pour vendre une porcelaine Dihl et Guérhard et comment procéder ?
    Oui, les porcelaines de Dihl et Guérhard restent recherchées par les collectionneurs et conservent une belle côte sur le marché de l'art. Auctie's, en tant que maison de ventes aux enchères, vous accompagne de bout en bout : estimation gratuite, conseil sur le meilleur timing de vente, préparation de l'objet et adjudication à un public d'acquéreurs qualifiés pour obtenir le meilleur prix possible.