La peau de l'ours pourrait-elle être bien vendue ?

Encrier Ours

Animal chéri des enfants du monde entier et des listes au Père Noel, le (petit) Ours brun est aussi un habitué des salles des ventes.

Celui qui a été considéré dans de nombreuses cultures comme le roi des animaux n’a pas été oublié des artistes : célébré dans les enluminures médiévales, tantôt pour son côté terrifiant, tantôt pour sa symbolique de puissance, il est aussi un thème apprécié des sculpteurs, à l’instar du célèbre Ours blanc de François Pompon. Et les emblématiques ours en peluche de notre enfance ne sont pas en reste. En effet, certains atteignent parfois des records d’enchères comme les fameux « Teddy Bear » de Steiff, dont les plus anciens et rares modèles peuvent atteindre des résultats astronomiques (Certains se négocient plus de 100 000 euros aux enchères).


L'origine du nom "Teddy Bear" ?

A ce sujet, une histoire qui plaira aux éternels enfants qui sommeillent en nous : sachez que le Teddy Bear tire son nom d’un épisode mythique de la culture américaine. Théodore Roosevelt, « Teddy » pour les intimes, chassait un jour dans une forêt du Mississippi. Rentré bredouille de sa partie de chasse, on proposa au président américain d’abattre un ourson blessé, attaché à un arbre. Ne jugeant cette action pas très « Fair Play », le président relâcha l’animal. Le moment fut caricaturé dans la presse et la marque d’ours en peluche Steiff décida de nommer ses ours du surnom du Président Roosevelt… Les « Teddy bear » étaient nés.


Mais revenons à nos moutons… enfin plutôt à notre ours.

Ce petit encrier en bois de 10 cm de hauteur, sculpté et peint, qui figure un buste d’ours la gueule grande ouverte rappelle un travail emblématique : celui de « la Forêt-Noire ».

Si ce nom vous évoque au mieux un gâteau au chocolat, un petit rappel s’impose : la Forêt-Noire est une région montagneuse de l’Allemagne, qui est aussi un lieu d’habitat traditionnel des ours bruns. A la fin du XIXème siècle, se développe la mode des voyages dans les stations balnéaires et aux sports d’hivers. Les plus grands amoureux de paysages enneigés sont les citoyens britanniques qui achètent des résidences secondaires à la montagne. Afin de répondre à cette nouvelle demande d’ameublement des chalets anglais, certains sculpteurs décident d’inventer un artisanat typique de meubles et menus objets (porte-parapluies, petites sculptures, boîtes à musiques, pendules ...) inspirés de la faune locale. Ours, chouettes et chamois se retrouvent sur d’amusants meubles et petits objets de décoration qui répondent au goût pour le pittoresque des voyageurs bien décidés à acheter des œuvres typiques et des bibelots. La mode perdurera et s’adaptera aux goûts des touristes, amoureux de ces objets issus du folklore local.


Le travail de la Forêt de la Forêt-Noire

Cette production qui dure environ des années 1810 à 1910 a pris, depuis, l’impropre nom de « Travail de la Forêt-Noire » qui – originaire plutôt de Suisse et donc des Alpes - désigne désormais tout un pan de la production artistique en bois sculpté et peint de cet esprit qui ravi encore les collectionneurs de nos jours.

Notre petit encrier est donc à rattacher à ce style, sans pour autant avoir de certitudes quant à son origine ( la désignation de « Travail de la Forêt-Noire » étant un terme du jargon du marché de l’art qui désigne tous les objets en bois sculpté zoomorphes).  Un objet qui plaira aux petits et aux grands, que notre commissaire-priseur estime 30 à 50 euros, tandis que certains meubles, plus recherchés, tels les bancs reposant sur des piétements en forme d’ours peuvent atteindre des montants plus importants – quelques milliers d’euros.